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Le jour où le regard a changé : le triomphe des jeunes du DITEP Bourneville à Leucate

Le DITEP Bourneville (Montpellier) a marqué le Festival Vision’Aire 2026 avec son court-métrage inclusif « Yanis Gump », en remportant à la fois le Prix du Jury et le Prix du Public.

Découvrez « Yanis Gump », le court-métrage événement réalisé par les adolescents et l'équipe éducative du DITEP Bourneville (établissement de l'Association Adages, Montpellier). Dans le cadre du défi « Réplique Fatale » de la 9ᵉ édition du Festival Vision’Aire 2026 à Leucate, les jeunes du dispositif ont relevé le pari fou de réinventer le monument du cinéma « Forrest Gump ». Un projet inclusif mené main dans la main avec le collège Fontcarrade, qui a bouleversé le public et le jury professionnel, permettant au film de réaliser un doublé historique : 🏆 Prix du Jury (Présidé par Marie Bunel) 🏆 Prix du Public Une aventure humaine unique qui transforme le regard sur le handicap et le secteur médico-social en célébrant l'excellence collective.

Scène du film Yanis Gump dans laquelle le personnage principal serre la main du Président Emmanuel Macron

Découvrez le triomphe inspirant du DITEP Bourneville (association Adages) au Festival Vision’Aire 2026 de Leucate. Grâce à leur court-métrage « Yanis Gump », parodie inclusive du célèbre film, les jeunes accompagnés à Montpellier ont décroché un doublé historique : le Prix du Jury et le Prix du Public. Retour sur une aventure collective unique qui transforme le regard sur le handicap et le secteur médico-social.

Le jour où le regard a changé : le triomphe des jeunes du DITEP Bourneville à Leucate

Le 18 juin 2026 restera gravé dans les mémoires du DITEP Bourneville. À Leucate, lors de la 9ᵉ édition du Festival Vision’Aire, le court-métrage « Yanis Gump » a réalisé un doublé historique : le Prix du Public et le Prix du Jury. Au-delà des trophées, cette victoire est celle d’une aventure humaine et collective hors norme. Elle montre comment l'action commune transforme le regard, valorise le potentiel de chacun et mène à l'excellence.

Le rideau tombe. Les lumières se rallument progressivement dans la salle de projection de Leucate. Pendant quelques secondes, le silence s'installe, lourd, suspendu. Puis, la salle explose. Plus de deux cents personnes se lèvent d'un seul bloc. Les applaudissements nourris crépitent, interrompus par des vivats. Sur scène, un groupe d'adolescents se tient debout, épaule contre épaule. Leurs visages balancent entre la surprise totale et une immense fierté. Le jury, présidé cette année par l'actrice Marie Bunel, affiche un sourire unanime. Les votes du public confirment l'impression générale : « Yanis Gump » rafle tout sur son passage.

Pour ces jeunes, ce moment précis marque un tournant. Ce n’est pas seulement un film que l’on applaudit. C’est leur travail, leur persévérance et leur capacité à atteindre le sommet ensemble.

L'étincelle d’un projet fou : réinventer Forrest Gump au DITEP

Tout commence trois mois plus tôt dans les couloirs du secteur 12-15 ans du DITEP. Le festival Vision’Aire lance son défi annuel : « Réplique Fatale, refais le film si tu peux ! ». L’objectif est clair mais vertigineux : revisiter un grand classique du cinéma en quelques minutes.

Le cinéma est une tradition bien ancrée au DITEP Bourneville. Depuis neuf ans, l’établissement participe à cette dynamique. Mais cette année, dans la catégorie Vision +, réservée d'ordinaire aux projets encadrés par des professionnels de l'audiovisuel, le choix a été fait de suivre une voie différente. Pas de techniciens extérieurs, pas de réalisateurs chevronnés. À la barre, on trouve un binôme d'éducateurs spécialisés de notre équipe : Laurent Grima et Maxime Derand. Leur conviction est totale : les projets artistiques ambitieux sont les meilleurs leviers pour développer la confiance en soi, la cohésion et le pouvoir d'agir des adolescents.

Le choix du film s'impose rapidement : Forrest Gump. Un monument du septième art. Le défi est immense. Comment condenser cette fresque historique et humaine en seulement huit minutes ? Comment transposer l'histoire de Forrest dans l'univers quotidien d’un dispositif médico-social et dans la culture de la jeunesse actuelle, sans perdre l'humour et l'émotion de l'œuvre originale ?

Le pari est audacieux. Les contraintes techniques et narratives s'accumulent : écriture d'un scénario serré, gestion du rythme, mise en scène d'effets spéciaux artisanaux, tournage de scènes de groupe complexes. L'équipe sait que la clé de la réussite réside dans un seul mot : le collectif.

Quand tout un réseau local se mobilise pour le lien humain

Au départ, le projet concerne un petit groupe de jeunes. Très vite, l'enthousiasme se propage dans l'établissement comme une traînée de poudre. Ce qui devait être un simple atelier vidéo devient une œuvre chorale.

Dix autres adolescents du DITEP rejoignent l'aventure. Certains veulent être devant la caméra, d'autres préfèrent gérer les accessoires, les clapets de début de scène ou l'organisation du plateau. Huit professionnels de l’établissement – éducateurs, administratifs, personnels techniques – apportent également leur pierre à l'édifice. Les barrières du quotidien tombent. Sur le plateau, chacun a un rôle bien précis, indispensable à la réussite du projet.

La force de ce collectif dépasse rapidement nos murs. Le collège Fontcarrade, partenaire historique de l'établissement à travers sa classe externalisée, s'intègre naturellement à la démarche. Trois classes de collégiens s'impliquent dans le projet. Les adolescents du DITEP et les collégiens partagent les temps d'écriture, les répétitions et les journées de tournage.

Cette collaboration étroite modifie profondément les relations. Sur le plateau, on ne distingue plus le collégien du jeune accompagné. Il n'y a plus que des acteurs, des techniciens, des créateurs unis par un objectif commun. Cette mixité renforce le projet. Elle apporte une diversité de points de vue, une énergie démultipliée et une rigueur partagée. Ensemble, ils découvrent que la persévérance collective permet de franchir tous les obstacles techniques.

Trois mois d'exigence, de rires et d'accompagnement concret

Le tournage s'étale sur près de douze semaines. Le rythme est exigeant. Les séances de travail demandent de la concentration, de l'écoute et du respect mutuel. Apprendre son texte, attendre son tour, accepter de refaire une prise dix fois pour obtenir le bon cadre ou la bonne intonation : le quotidien d’un plateau de cinéma exige une autodiscipline de fer.

Yanis, qui incarne le rôle-titre, porte une lourde responsabilité sur ses épaules. Le rôle est exigeant, long, complexe. Autour de lui, le groupe fait bloc. Les camarades l'encouragent, l'aident à répéter ses répliques entre deux prises. Les éducateurs guident sans imposer, valorisent chaque petit progrès, créent un climat de sécurité où l'erreur n'est jamais une faute, mais une étape vers la réussite.

Le bêtisier qui accompagne le générique final du film résume parfaitement cette ambiance de travail. On y voit Yanis trébucher sur une phrase difficile. Autour de lui, aucune moquerie. Les rires sont complices, bienveillants. Un camarade lui tape sur l'épaule, un éducateur relit la ligne avec lui. On ajuste un accessoire, on sourit, et on recommence. Cette séquence simple montre la réalité de notre quotidien : un cadre solide où le collectif soutient l'individualité, où la bienveillance permet de persévérer et de révéler les compétences de chacun.

La consécration à Leucate : un nouveau regard sur le potentiel des jeunes

Les 17 et 18 juin 2026, l'heure de vérité sonne à Leucate. Le Festival Vision’Aire rassemble près de 80 jeunes venus de structures adaptées de la France entière, et plus de 200 participants au total. Dix-neuf films sont en compétition dans la catégorie reine. Le niveau est élevé, les propositions variées et de grande qualité.

La projection de « Yanis Gump » marque les esprits. Dès les premières minutes, l'intelligence de l'adaptation saisit le public. Les clins d'œil aux codes de la jeunesse actuelle font mouche. L'humour, fin et percutant, déclenche les rires de la salle. En se basant sur une pédagogie active et valorisante, l'équipe a su libérer l'authenticité des émotions qui a bouleversé les spectateurs. Les adolescents à l'écran ne jouent pas seulement un rôle : ils transmettent une énergie communicative, une sincérité brute qui touche le public au cœur.

L'annonce des résultats provoque une immense vague de joie. Obtenir le Prix du Jury, composé de professionnels exigeants, est une reconnaissance technique et artistique majeure. Y ajouter le Prix du Public prouve que le film a su créer un lien immédiat et profond avec l'audience.

Cette double consécration modifie instantanément le regard porté sur ces jeunes. Eux qui font parfois face à des parcours de vie complexes, qui connaissent des difficultés scolaires ou relationnelles, se retrouvent sous les feux de la rampe pour leur réussite. Ils ne sont plus perçus à travers le prisme de leurs difficultés, mais à travers celui de leur talent, de leur créativité et de leur rigueur.

Une fierté durable pour notre association médico-sociale et sociale

Le retour à Montpellier se fait les bras chargés de trophées, mais le plus important est ailleurs. Il réside dans la transformation invisible qui s'est opérée chez ces adolescents.

Vivre une reconnaissance publique d’une telle ampleur est une expérience fondatrice. Sur les visages des jeunes, on peut lire une fierté légitime, teintée parfois de surprise. Ils prennent conscience de leurs capacités. Ils mesurent concrètement le résultat de trois mois d'efforts, de doutes surmontés et de travail acharné. Ils ont créé une œuvre de qualité, validée par des professionnels et plébiscitée par un large public.

Cette aventure collective laisse des traces durables. Elle prouve que lorsque l'on associe des compétences professionnelles engagées, des partenariats locaux solides comme celui du collège Fontcarrade, et l'énergie créative des jeunes, le chemin vers l'autonomie et le lien humain devient concret. Une réussite dont l'Adages est aujourd'hui particulièrement fière.

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